L’Union Européenne s’est dotée d’un Monsieur Euro en la personne d’Olli Rehn afin de tenter de sortir l’Euro de la crise. Une de ses tâches est de vérifier si les budgets des Etats sont conformes aux recommandations européennes. Pour la Belgique, en dehors du fait de limiter le deficit à 2.8% pour 2012 il faut aussi et surtout veiller à revoir l’indexation des salaires, élever l’âge effectif de la pension, flexibiliser le marché du travail et libéraliser les secteurs de l’énergie et des télécommunications. Ces recommendations, la Belgique les a aussi reçues de l’OCDE et du FMI. Il n’est plus temps de tergiverser ! Ce cher Olli à dit et redit qu’il appliquerait à la lettre l’arsenal prévu en cas de non respect des engagements pris par la Belgique en juillet dernier et la première salve consiste en une amende de 0.2% du PIB c’est-à-dire 700 millions €. A cela s’ajoute le fait que la Belgique soit maintenant dans le collimateur des marchés (les taux d’emprunts grimpent en flêche) la facture pour le contribuable pourrait s’élever à 1.8 milliards €…une paille…
Cela fait des lustres ques les éminences qui nous gouvernent usent et abusent de trucs et ficelles pour confectionner des budgets en trompe l’oeil en évitant soigneusement de mettre en oeuvre de vraies réformes structurelles devenues indispensables. Indispensables pas pour faire plaisir à l’UE, l’OCDE ou le FMI mais parce que le système belge est intenable. Les prépensions à 52 ans, le chômage à vie, les coûts salariaux exhorbitants, des impôts confiscatoires, une législation foutoir, etc…Pendant que son fils bataille pour enlever les oeillères de certains négociateurs, Herman De Croo vient de faire son mea-culpa :
« L’hypothèque que leur ont laissée les anciens est grave; ils sont en train de payer toutes les charges que nous avons indirectement, dans un État de bien-être, laissé filer sur les générations futures. »
Le monde subit la plus grave crise économique depuis la crise de 1929, la Belgique est sans gouvernement depuis 530 jours, litéralement à l’arrêt depuis 2007 et alors que ce pays à besoin d’un remède de cheval à forte dose, les précieuses ridicules qui « négocient » un accord de gouvernement ergotent sur la composition d’une tisane homéopathique…Il est bien fini le temps des mesurettes cosmétiques, il faut trancher dans le vif et vite sous peine de passer sous les fourches caudines de l’UE et surtout des marchés qui sentent déjà l’odeur du sang et n’attendent que le signal de l’hallali.
Elio Di Rupo vient d’avoir 60 ans. Sa carrière politique est désormais derrière lui, il lui reste à choisir sa sortie : politicien ou homme d’Etat.


