J’étais parmi les 34.000 marcheurs de dimanche. Mais c’était moins une marche de la honte qu’une marche de l’échec. Pas l’échec de la formation d’un gouvernement puisque 225 jours après les élections législatives le Roy a déjà nommé beaucoup de « eur » mais pas encore de formateur. Les 7 ne discutent pas de la formation d’un gouvernement, d’ailleurs ils ne discutent plus du tout. Il est grand temps de poser un constat d’échec. Il n’ y a aucune honte à admettre que l’on s’est trompé. Les 5 réformes de l’Etat sont un échec et la 6 ième que l’on nous promet depuis 2007 n’arrangera rien. Malgré nos 7 gouvernements, 628 parlementaires, 48 ministres et 10 secrétaires d’Etat, ce pays ne fonctionne pas. La plomberie institutionnelle est irrémédiablement bouchée et placer quelques dérivations n’y changera rien : le mal est conceptuel. Le belge trône depuis des lustres dans le top 5 des contribuables les plus taxés du monde et pourtant : nos prisons débordent, les demandeurs d’asiles sont logés à l’hôtel, nos routes ne valent guère mieux que des pistes de la savane africaine, les allocations de chômage comme les pensions légales sont les plus basses d’Europe, le chômage atteint 25% dans la capitale, l’enseignement est une machine à exclure, on importe des infirmières de Tunisie et des médecins de Roumanie, 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté…N’en jetez plus la coupe est pleine !
La classe politique fait fausse route depuis 50 ans et la Belgique est à l’arrêt depuis 2007. Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins et il va falloir décider où on va et comment. Les données du problème sont connues et revoter n’y changera rien. Il n’y a que 2 alternatives : avec ou sans la NVA. Bien sûr la NVA est un parti nationaliste et l’histoire a maintes fois prouvé que le nationalisme ne mène à rien de bon mais ça n’en reste pas moins un projet politique comme un autre. La NVA joue le jeu de la démocratie et de nos institutions. Bart De Wever répète à qui veut l’entendre qu’il ne veut pas de révolution et qu’il ne rêve pas au grand soir. La NVA n’est pas l’ETA. Elle n’as pas de branche armée qui assassine et commet des attentats pour faire « avancer » sa cause et à ce titre la NVA reste un interlocuteur à part entière. Seulement voilà, le programme de la NVA tient en un seul point : l’indépendance de la flandre. Choisir de discuter avec la NVA c’est choisir de faire un (grand) pas vers l’indépendance de la flandre. Et contrairement à ce que Louis Michel prétend, la Belgique n’est pas immuable, sur les bancs de l’école les profs me parlaient de RFA, RDA, Yougoslavie, Tchécoslovaquie, URSS… L’autodétermination des peuples est une des pierres angulaires de l’ONU alors si la flandre souhaite son indépendance, il n’y a aucune raison que la Belgique lui refuse alors qu’elle l’a bien volontiers accordée au Congo voici 50 ans ! Alors au lieu de tenter vainement de concilier l’inconciliable en catimini dans les salons feutrés de Val Duchesse, actons le divorce pour désunion irrémédiable et organisons une conférence internationale à Paris, Berlin ou ailleurs pour négocier l’indépéndance de la flandre sous l’égide de l’Europe. Ca ne se fera pas en un jour mais un bon divorce vaut cent fois mieux qu’un mauvais mariage. L’autre alternative est de se passer de la NVA. Dans ce cas il faut très vite former un gouvernement qui aura pour unique tâche de s’occuper exclusivement du socio-économique et en même temps convoquer un Congrès National pour réformer l’Etat en profondeur en partant d’une page blanche. D’aucuns s’offusqueront de ne pas confier cette tâche au Parlement qui est l’émanation de la Nation. Seulement voilà, le Parlement n’est plus l’émanation de la Nation mais l’émanation des présidents de partis. En effet ce sont eux qui confectionnent les listes électorales qui sont avalisées par les électeurs à leur corps défendant. Confier la réforme de l’Etat au Parlement mènera inévitablement aux mêmes blocages qu’aujourd’hui avec les présidents de partis…
50 ans de querelles stériles nous ont menés ou nous sommes aujourd’hui. Le statu quo n’est plus tenable, il faut impérativement trancher le noeud gordien et choisir une autre voie. Choisir c’est renoncer, le peuple a voté, aux politiques à renoncer.


